Comment lire votre fiche de salaire en Suisse ?

 

En savoir plus sur

Vos revenus

Les revenus comprennent :

  • votre salaire fixe
  • votre salaire variable si votre contrat de travail le stipule
  • différentes indemnités en nature (logement, repas et voiture, dans la pratique les contrats de travail peuvent prévoir d’autres types d’indemnités)

La plupart du temps, le contrat de travail stipulera ces différents types de revenus.

Le salaire fixe

Dans la pratique, le salaire peut être versé soit sur 12, soit sur 13 mois. Dans ce dernier cas, vous toucherez donc tous les mois 1/13 ème du salaire mensuel, et le 13 mois est versé soit en 1fois, soit en 2 fois, selon les entreprises.

Le salaire variable

Selon les entreprises, vous aurez un salaire variable et / ou un bonus. Parfois même, on appelle communément « bonus » un salaire variable. Mais finalement peu importe comment on l’appelle, il faut simplement retenir que c’est un salaire qui est versé, ou non (sans pour autant être acquis d’une année sur l’autre), et qu’il dépend en général de vos performances de l’année, ainsi que des résultats de l’entreprise.

Les cotisations sociales sont calculées sur la somme de tous ces revenus.

Si vous avez des enfants, les allocations familiales seront versées par votre employeur en même
temps que votre salaire.

Les questions à se poser et à poser à son futur employeur

  • Bénéficierez-vous d’un éventuel salaire variable ?
  • Est-ce que les conditions qui vous permettront de le toucher sont-elles explicitement indiquées
    dans votre contrat de travail ? Sont-elles objectives et mesurables ?
  • Le mode de calcul de ce salaire variable est-il défini dans votre contrat de travail ?

Les allocations familiales

Aujourd’hui, les conditions d’octroi et les montants des allocations familiales sont du ressort des cantons.
Elle permettra aux bénéficiaires de recevoir :

  • Une allocation mensuelle d’au moins 200 francs suisses pour les enfants jusqu’à 16 ans
  • Une allocation mensuelle d’au moins 250 francs suisses pour les enfants jusqu’à 25 ans encore
    en étude ou formation.

Les conditions d’attribution sont principalement liées à votre nationalité, et au pays de résidence de vos enfants.

Certains cantons proposent des allocations familiales plus importantes que ce qui est prévu par la loi fédérale, et certaines entreprises sont également plus généreuses et « rallongent » ce montant.

Notre simulation ne tient pas compte de allocations de naissance ou d’adoption, qui sont des montants attribués à la naissance ou lors de l’adoption d’un enfant.

Cotisations AVS / AI

Sur certains bulletins de salaire, les cotisations AVS, AI et APG sont regroupées sous le même terme « AVS ». Nous avons décidé de vous donner des explications détaillées ci-dessous :

AVS : Assurance Vieillesse et Survivants

L’AVS, ou 1er pilier, a pour objectif principal de compenser partiellement une perte de revenus suite à une cessation d’activité (retraite).
Quiconque travaille ou habite en Suisse, à partir du 1er janvier suivant ses 17 ans jusqu’à l’âge de la retraite soit cotiser à l’AVS/AI afin d’être assurée.
Les prestations de l’AVS ( délivrées sous certaines conditions) :

  • vous bénéficiez d’une pension de retraite (appelée aussi rente)
  • vous bénéficiez d’une rente d’invalidité si besoin
  • vous bénéficiez d’une rente « survivant », qui est une pension que l’on verse au conjoint ou aux enfants en cas de décès de l’un ou des 2 parents.

L’AVS est un système de retraite par répartition, et le taux de cotisation est fixé par la Confédération et est le même pour toutes les entreprises.

Par ailleurs, il s’applique à l’intégralité des revenus (salaire brut, salaire variable et indemnités diverses).

AI : Assurance Invalidité

L’assurance invalidité a pour objectif de financer toutes les mesures qui vont permettre aux travailleurs victimes d’une infirmité due à un problème congénital, à une maladie ou à un accident) de se réinsérer dans la vie professionnelle.
Ces mesures peuvent être versées sous forme de rente mais également sous forme d’indemnités journalières. l’AI propose également, sous conditions, des mesures concrètes de réadaptation.
Le taux de cotisation est fixé par la loi fédérale et est applicable à tous les salariés.

APG : Allocations militaires pour Perte de Gain

Lorsque des personnes sont accidentées ou tombent malades pendant les périodes où elles effectuent leur temps militaire, ce sont ces cotisations qui servent à financer ces situations.
Les travailleurs étrangers ne sont en général pas concernés par les périodes militaires (car ils n’effectuent par leurs obligations militaires en Suisse) mais y contribuent par le biais des cotisations qui sont bien déduites du salaire.
Le taux de cotisation est fixé par la Confédération et s’applique à tous les salariés.

Cotisations AC (assurance chômage)

Ce sont ces cotisations qui permettent de financer le système de chômage du pays.
Le taux s’applique à un salaire de référence, appelé le gain assuré. Ce salaire de référence mensuel est plafonné . Si votre salaire est supérieur à ce montant, le taux de cotisation ne s’appliquera qu’à cette valeur plafond.
Si vous gagnez plus que ce salaire de référence et que vous vous retrouvez au chômage, l’allocation à laquelle vous aurez droit sera calculée sur ce plafond : votre allocation chômage sera donc moindre que si le calcul avait été fait sur la base de votre salaire réel.
Le taux de cotisation est fixé par la Confédération.

Caisse de pension

Le volet « caisse de pension » de votre feuille de salaire est probablement l’un des éléments les
plus importants.
Les cotisations prélevées sur les salaires des employés permettent de financer le 2ème pilier du système de prévoyance en Suisse.
La prévoyance professionnelle (ou 2ème pilier) permet de se prémunir contre les baisses de revenus liées aux risques de décès, d’invalidité, ainsi que de vieillesse (retraite). Elle vient en complément de l’AVS, pour que l’ensemble couvre environ 60 % de votre dernier salaire au
moment de la retraite. Elle est basée sur un système de retraite par capitalisation.
Cette cotisation est obligatoire pour les salariés qui touchent plus de 19 890 francs suisses annuels. Ceux qui touchent moins ne cotisent pas et ne bénéficient donc pas des prestations.
De 17 à 25 ans, vous cotiserez uniquement pour les couvertures relatives à l’invalidité et au décès, après 25 ans vous cotiserez en plus pour la retraite : les cotisations seront donc plus élevées.
Votre entreprise peut décider d’appliquer le minimum prévu par loi, ou appliquer une politique de prévoyance plus avantageuse.
Dans ce cas, le montant de la cotisation prélevée sur votre salaire sera plus important, et en contrepartie les prestations (rente ou capital à la retraite, rente d’invalidité sous certaines conditions, pensions versée au conjoint en cas de décès de l’autre conjoint et rente versée aux
enfants mineurs en cas de décès des deux parents) seront plus élevées.
D’après la loi, votre employeur doit cotiser au moins pour la même somme que vous : il peut donc cotiser autant que vous (on dit alors qu’il y parité de prise en charge), ou plus que vous. Dans ce cas, votre employeur allège d’autant vos cotisations, car il prend à sa charge une partie des cotisations que vous auriez dû payer.
Cette information est importante car les cotisations de l’entreprise vont s’ajouter aux vôtres et iront alimenter directement votre capital épargne. Certaines entreprises, très généreuses mais très rares, financeront en intégralité votre deuxième pilier.
Le mode de calcul de la cotisation au 2ème pilier dépend de très nombreux facteurs, et tout particulièrement de la politique de prévoyance de l’entreprise.
La loi fédérale prévoit un taux minimum de cotisation (le minimum LPP) qui dépend de votre âge
et de votre sexe.
On compte 4 tranches d’âge : 25-34 ans, 35-44, 45-54, et 55-65 ans (pour les femmes, 55-64 ans).

Les questions à se poser et à poser à son futur employeur

  • L’entreprise propose-t-elle un plan de prévoyance intéressant ?
  • Le plan proposé est-il plus intéressant que le minimum LPP ?
  • L’entreprise cotise-t-elle plus ou autant que vous ?
  • Selon quels principes de gestion votre future caisse de pension est-elle gérée : primauté de cotisations ou primauté de prestations ?

Assurance accidents non professionnels

Cette assurance est obligatoire pour tout employé qui travaille plus de 8 heures par semaine chez un employeur.
Elle couvre les frais en cas d’accident en dehors du contexte professionnel.
Parallèlement, votre employeur souscrit une assurance accidents professionnels (à sa charge intégrale qui n’apparaîtra en principe pas sur votre fiche de paye), qui couvrira des frais de même type dans le cadre d’un accident pendant votre activité professionnelle. Cette assurance couvre également les maladies que vous auriez pu avoir dans le cadre de l’application de votre activité professionnelle.
Le taux de l’assurance accident non professionnel est fixé par la compagnie d’assurance de votre entreprise, et dépend très souvent de la branche d’activité, et parfois de l’entreprise s’il s’agit d’un grand groupe.
La base de calcul sur laquelle est appliqué le taux est identique à celle utilisée pour l’assurance-chômage (elle est donc fixée sur la base du gain assuré).
Sur certaines feuilles de salaire, vous trouverez également les cotisations relatives à « l’assurance perte de gain ». Cette assurance apparaît parfois sur une ligne à part entière, et est parfois prise en compte avec l’assurance accidents non professionnels. Cette assurance n’est pas obligatoire et a notamment pour objectif de maintenir le versement de votre salaire en cas de maladie. Nous n’en tenons pas compte dans nos calculs.

Les questions à se poser et à poser à son futur employeur

  • Votre employeur a-t-il prévu une assurance perte de gain ?
  • Quelle est la durée pendant laquelle vous toucherez votre salaire si, suite à un accident, vous
    vous retrouvez en incapacité de travailler ?

En général, cette durée dépend de votre ancienneté. Si la durée vous paraît insuffisante, vous pourrez souscrire vous-même une assurance perte de gain auprès d’une compagnie d’assurance, qui restera à votre charge.

Impôt à la source

Ce sont votre statut (type de permis de travail) et votre canton de travail qui déterminent si vous devrez payer vos impôts en Suisse, et donc l’impôt à la source. Si vous êtes soumis à l’impôt à la source, votre futur employeur prélèvera tous les mois sur votre feuille de salaire un montant d’impôt
Le calcul de cet impôt n’est pas prévu dans notre simulation mais il sera bien présent sur votre fiche de salaire : il est donc important de bien l’estimer afin de bien estimer votre budget.
Le calcul de cet impôt, et les conditions d’application, dépendent de très nombreux facteurs qui vont largement au-delà d’un simple formulaire. Nous vous conseillons de consulter un professionnel pour éviter les mauvaises surprises et faire une estimation au plus juste. Certaines entreprises proposent également à leurs futurs employés une simulation.

Salaire net

C’est le net à payer. Il correspond au montant du salaire que vous recevrez sur votre compte en banque.
Pour estimer au plus juste votre future proposition de salaire, nous vous recommandons de souscrire notre estimateur de coûts personnalisé, qui vous permettra notamment d’estimer le montant d’impôt que vous aurez à payer.