Loyer moyen à Genève pour un 4 pièces : un peu plus de 1 400 francs par mois. Est-ce possible ?

Trouver un logement en Suisse est difficile. En trouver un à Genève tient parfois du miracle et c’est un vrai job à plein temps. C’est une tâche très difficile à mener tant les loyers sont élevés et les appartements rares. Ce phénomène est encore plus vrai pour les étrangers qui recherchent un logement à Genève, ces derniers payant, selon diverses études indépendantes, des loyers plus élevés que les Suisses.

Des chiffres de l’OCSTAT qui paraissent fantaisistes

Une étude récente de l’OCSTAT (office cantonal de la Statistique à Genève) sur les loyers à Genève annonce des chiffres surprenants, comme par exemple un peu plus de 3 600 francs suisses par mois pour un 7 pièces, ou encore un peu plus de 1 440 francs suisses par mois pour un 4 pièces. Vous avez bien lu. Ceux d’entre-vous qui recherchent un appartement à Genève constateront que ces chiffres ne correspondent pas tout à fait aux prix du marché immobilier.

Quelques quotidiens ont relevé cette information qui est sortie il y a quelques jours déjà, et pour notre part nous n’avons pas voulu la commenter : en 2011, nous avions sorti une information similaire sur le montant des loyers à Genève, avec les mêmes écarts entre l’étude et la réalité, et nous avions reçu une volée de bois vert de la part des internautes qui comprenaient pas ces différences de loyers.

Alors à présent nous allons tenter de vous expliquer pourquoi il y a de telles différences entre les chiffres de l’OCSTAT et les chiffres du marché auxquels la plupart d’entre-vous sont confrontés.

Des régies immobilières pas très claires sur l’augmentation des loyers

L’étude de l’OCSTAT porte sur un échantillon de 50 000 logements. Une partie de cet échantillon provient des régies immobilières qui transmettent l’information à l’OCSTAT. Ces mêmes régies qui, pour certaines, et à la demande des propriétaires, n’hésitent pas à mettre dehors les locaux pour relouer les appartements plus chers à des expatriés dont le loyer est payé par l’entreprise qui les emploie. Vous noterez que ces manières de faire sont totalement hors la loi, puisque les bailleurs sont supposés justifier les augmentations qui surviennent entre 2 locataires. Sans vouloir leur faire de mauvais procès, il semble donc peu probable que ces régies immobilières mettent dans leurs échantillons de tels logements pour les donner ensuite à l’OCSTAT.

Le marché parallèle de la location à Genève

2ème raison : un certain nombre de logements à Genève ont des baux à loyer qui sont « anciens » : compte tenu des loyers élevés, les locataires conservent leur logement et bénéficient donc de loyers relativement bas. Il est probable qu’une partie non négligeable de l’échantillon de l’OCSTAT soit dans ce cas de figure, ce qui expliquerait ces loyers moyens plutôt faibles. Autre phénomène qui viendrait renforcer cette hypothèse : il existe un véritable marché locatif parallèle, certains locataires échangeant par exemple leurs logements sans changer la personne inscrite au bail. En procédant ainsi, le locataire ne change pas, et le loyer n’est pas révisé. Ce n’est pas légal, mais certaines personnes – en général des personnes qui se connaissent bien – le font, que ce soit à Genève ou dans d’autres cantons.