Impôt sur le revenu en Suisse : comparaison internationale

En comparaison avec les autres pays d’Europe, l’impôt sur le revenu en Suisse n’est ni faible ni élevé. On peut même dire que le pays se positionne plutôt bien : au 14ème rang au niveau mondial, selon l’étude KPMG qui compare les différents impôts sur le revenu dans 86 pays du monde. Ces résultats représentent la pression fiscale de chaque pays, qui est le rapport entre le montant d’impôt payé et le salaire brut.

Pour rappel, le taux d’imposition représente le montant d’impôt à payer rapporté à vos revenus, ou encore le pourcentage d’impôts que vous devrez payer. Dans la plupart des pays, il existe des taux en général différents selon vos revenus (plus vous gagnez, plus le taux augmente jusqu’à un certain plafond). La Suisse fait partie de ces pays (sauf un canton qui pratique un impôt linéaire), tout comme la France. Les chiffres que nous vous présentons sont calculés sur  la base des taux d’imposition les plus élevés observés dans chaque pays, en ne tenant pas compte des exceptions (à la baisse comme à la hausse).

En définitive, est-ce qu’on paie plus d’impôts sur le revenu en Suisse qu’en France ou dans les autres pays ? Réponse dans la suite.

Le taux d’imposition moyen en Suisse est de 40%

Avec un taux d’imposition maximum de 40%, la Suisse reste plutôt bien positionnée en Europe, alors que dans le monde, la moyenne des taux d’imposition (basée sur l’analyse de 86 pays) est inférieure à 30% (mais ce taux moyen inclut des pays qui ont un très faible impôt sur le revenu, voire pas d’impôt sur le revenu du tout comme les Bermudes, le Kowait ou les Émirats Arabes Unis), ce qui fait baisser la valeur moyenne.

Le taux d’imposition observé en Suisse de 40% correspond au taux moyen d’imposition sur le revenu d’un habitant de la ville de Zurich.

 

Des différences de fiscalité selon les cantons (et communes) assez importantes

L’impôt en Suisse se décompose en impôt fédéral, impôt cantonal et impôt communal. Or, les impôts cantonaux et communaux peuvent être très différents d’une ville et d’un canton à l’autre : ainsi, la pression fiscale la plus basse en Suisse est estimée à 20%, et la plus haute à 43%.

Les cantons suisses les plus attractifs sur le plan de la fiscalité pour les particuliers sont Zoug, Schwyz, Obwald, Appenzell Rhodes-Intérieures, Nidwald et Uri. Tous possèdent une pression fiscale inférieure à 30%. Pour information, le canton d’Uri, contrairement à tous les autres cantons, propose un taux unique (flat tax rate) qui est de 25,61% : ainsi, quel que soient vos revenus, votre taux d’imposition sera toujours le même, alors que dans les autres cantons, plus vos revenus imposables augmentent, plus votre taux augmente. C’est ce système qui est le plus souvent utilisé en Europe.

Notez bien que les travailleurs étrangers soumis au barème à la source ne sont pas concernés par les différences d’impôt entre les communes (voir la page « Impôts en Suisse : ne pas confondre impôt à la source et barème d’impôt à la source  » pour plus d’explications)

 

Une pression fiscale inférieure à celle de ses voisins européens

La pression fiscale maximale de la Suisse est finalement plutôt inférieure à celle des pays voisins :

Cette étude permet ainsi de tordre le cou à une rumeur persistante selon laquelle on paie moins d’impôt en Suisse qu’ailleurs (ce qui est néanmoins vrai pour les personnes bénéficiant d’un statut particulier, le forfait fiscal).

Par ailleurs, la question se pose souvent sur les différences entre la Suisse et la France, notamment pour les travailleurs frontaliers (hors Genève, Zurich et le canton d’Argovie où les frontaliers paient leurs impôts en Suisse) : globalement et en moyenne, le critère fiscal n’est pas déterminant pour le choix (la pression fiscale entre les deux pays est identique). Ce qui change en revanche, ce sont les différentes déductions et divers dispositifs permettant de faire baisser l’impôt.