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Mentir sur son CV en Suisse : 3 risques à connaître (j’adore le 3ème)

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    Nos solutions pour travailler en Suisse

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    Une étude récente du cabinet de recrutement Robert Half a sorti quelques chiffres surprenants sur les candidats sur le marché du travail en Suisse : ceux-ci seraient des adeptes de la triche, notamment en ce qui concerne le montant de leur ancienne rémunération, leurs compétences ou expériences.

    Des anciens salaires gonflés pour demander une meilleure rémunération

    De manière plus générale, l’étude montre que près de 70% des managers en Suisse interrogés dans le cadre de l’étude ont dû écarter des candidats à cause d’un CV ou d’informations non conformes à la réalité.

    Parmi ces managers, plus d’un sur cinq a écarté les candidats qui recherchaient un emploi en Suisse pour des raisons relatives à un salaire précédent gonflé (pour pouvoir en demander un plus important sur le poste visé). Sur ce critère, l’étude montre que dans les autres pays, cette proportion est nettement plus faible : en France, ils ne sont que 14% dans ce cas, 13% en Grande-Bretagne, et 19% en Allemagne.

    Fausses compétences, fausses expériences professionnelles, maîtrise des langues erronée… tout y est

    La suite de l’étude n’est qu’un bestiaire des pires choses qu’on puisse imaginer dans une situation de recrutement : fausses compétences mentionnées dans le CV, mensonges sur les expériences professionnelles, maîtrise des langues gonflées, faux diplômes ou certificats… Entre un quart et 50% des managers interrogés ayant eu à écarter des candidats indiquent avoir constaté des « erreurs » dans les documents et informations transmises par les candidats.

    Le contraste avec une étude datant de 2011 est saisissant : à l’époque, 85% des personnes interrogées s’en tenaient strictement aux faits sur leur CV.

    Mentir sur son CV ou dans un processus de recrutement : les risques

    Selon la gravité du mensonge et le poste, les conséquences peuvent être plus ou moins lourdes pour le candidat :

    1. Se faire blacklister sur un marché malgré tout relativement étroit

    En Suisse, les professionnels RH se connaissent (presque) tous. Sans exagérer, le marché est relativement étroit, notamment au sein d’un même canton, et les communications fréquentes entre professionnels du recrutement. Sans qu’il existe de base de données officielle des candidats tricheurs (il ne faut quand même pas exagérer), l’information peut circuler très vite et rendre votre recrutement très compliqué. En particulier, il est courant qu’un recruteur appelle l’ancien employeur du candidat pour prendre des références. Et là, autant dire que cela devient difficile en cas de triche, particulièrement lorsqu’un candidat a indiqué avoir travaillé dans une entreprise ou occupé un poste et que ce n’est pas le cas.

    2. Se faire licencier avec effet immédiat (ou pas)

    Je le répète, et notamment dans nos ateliers sur la compréhension de la culture suisse, la confiance est l’un des éléments fondateurs de la relation employé employeur. Si vous mentez pour quelque chose d’aussi grave qu’un recrutement, cela signifie qu’en trichant, vous avez pris un poste que vous n’auriez pas dû prendre, et que notamment vous avez pris le poste au détriment de quelqu’un d’autre, et au détriment de la société puisque vous n’avez a priori pas les qualifications requises. Dans un tel cas, le résultat est souvent le même : vous êtes licencié. Le licenciement sera avec effet immédiat si l’employeur a pris la peine de vous demander tous les justificatifs au candidat (notamment les documents originaux tels les diplômes et certificats de travail), et il tiendra compte du délai de congé si l’employeur n’a pas fait ce travail de vérification. Je vous invite à consulter cette page si vous souhaitez plus de détails « juridiques ».

    3. Devoir indemniser l’entreprise

    Dans le pire de cas, pour les postes les plus sensibles, l’entreprise qui a été trompée peut vous poursuivre un candidat et demander une indemnité en cas de préjudice estimé. C’est rare, mais des cas existent.

    Ce que les entreprises suisses vérifient dans le CV

    Dans le cadre d’un recrutement en Suisse, un candidat devra fournir plusieurs éléments, dans le cadre du dossier de candidature, et notamment des éléments factuels tels que le CV, des diplômes, des certificats de travail.

    Les professionnels RH vont donc vérifier, sur la base de ces éléments :

    • La véracité du parcours professionnel : avez-vous réellement travaillé dans telle ou telle entreprise, avez-vous réellement occupé ces postes, et avez-vous effectivement travaillé la durée indiquée sur votre CV ?
    • La véracité des diplômes : avez-vous réellement obtenu tel ou tel diplôme, avez-vous réellement suivi telle ou telle formation ?
    • La réputation : pour les postes les plus sensibles, et les entreprises dans un secteur où la réputation a de l’importance, les entreprises vérifieront également la réputation des candidats, pour s’assurer que celle-ci est irréprochable. Vérifier la réputation, c’est en général vérifier des choses importantes comme les éventuelles poursuites, mais cela peut être aussi simplement vérifier ce qu’on peut trouver sur le candidat sur les réseaux sociaux.

    Compte tenu de l’enjeu d’un recrutement, la plupart des entreprises vérifient, certes avec plus ou moins de précisions : en général les multinationales, les grandes entreprises, et PME de taille moyenne vérifieront soit par elle-même soit en passant par un service spécialisé (en Suisse, la société aequivalent est spécialisée dans ce domaine, ou en France le service CVvérifié spécialisé dans la vérification de diplôme, ou encore le service EveryCheck qui permet de vérifier les éléments du CV d’un candidat). Dans tous les cas, il est important de noter que ces recherches ne peuvent être effectuées sans le consentement du candidat.

    En conclusion : voilà ce qu’il faut faire (et ne pas faire)

    J’aime bien dire qu’il n’y a pas de mauvaise question, mais uniquement des mauvaises réponses. Le mensonge en Suisse, aussi petit soit-il, est quasiment synonyme d’harakiri professionnel. Après un mensonge, la confiance est rompue entre l’employé et l’employeur, et c’est fini !
    Chez Travailler-en-Suisse, nous estimons qu’il vaut mieux prévenir que guérir, et qu’il vaut mieux ne pas avoir le poste plutôt que de l’avoir en mentant ou omettant des informations importantes dans son dossier de candidature. Alors plutôt que vous faire des noeuds au cerveau en mentant, et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, nous vous proposons de prendre les choses en main et :

    • d’améliorer votre CV (de la bonne manière) avec nos services sur les CV,
    • de prendre connaissance, si vous êtes étranger, de la culture suisse et de ce que signifie, notamment, la confiance en entreprise, en vous procurant le livre « Travailler et vivre en Suisse« 
    Rubrique

    David Talerman

    Spécialiste de l'expatriation et de l'emploi en Suisse, je suis l'auteur du livre Travailler et Vivre en Suisse. Je partage mon temps entre Travailler-en-Suisse.ch et b-Sharpe.com, pour qui je gère le Digital. Suivez-moi sur LinkedIn, Facebook, @Expatwire. Suivez notre actualité grâce à notre newsletter.

    15 réflexions sur “Mentir sur son CV en Suisse : 3 risques à connaître (j’adore le 3ème)”

      1. Bonjour Sarah,

        Je suppose que votre affirmation est le fruit d’une expérience personnelle. Si chacun à la sienne – et c’est tout à fait respectable – il faut garder en tête que les différences culturelles peuvent vous donner une vision tout à fait biaisée de la réalité d’un pays.
        Je suis souvent confronté à des Français qui sont choqués – ou surpris – par le peu de protection des salariés par rapport à la France. Mais par rapport aux Etats-Unis, cette protection est beaucoup plus faible. C’est une question de référentiel. Ce que je veux dire par là c’est qu’on ne peut pas avoir les avantages d’un pays, sans en accepter les inconvénients. Le marché suisse est dynamique, les salaires élevés ? La contrepartie, c’est un droit du travail beaucoup plus souple.

        Concernant la confiance, pour avoir travaillé en Suisse depuis 2001, je peux vous assurer que c’est la fondation de beaucoup de choses ici. La question que vous pourriez vous poser ici c’est de savoir quels gages de confiances vous avez transmis à vos interlocuteurs locaux. En clair, avez-vous su vous adapter à la culture locale ?

    1. Cher David,
      Votre analyse est bonne, dans la mesure ou, en France, le salarié estime qu’il a  » le droit  » à l’embauche en permanence et pour l’infini, quoiqu’il arrive et quoiqu’il fasse, vis à vis de son employeur…
      A tel point, que c’est la guerre perpétuelle entre le salarié et l’employeur et un élément fondamentale qui n’existe plus en France : La Confiance. La France est devenu un pays de défiance et c’est un relationnel entre les gens, des plus pitoyables qui génère un climat très difficile.
      Heureusement, les nouvelles réformes (indispensables !…) d’Emmanuel Macron permettent de venir enfin à une grande souplesse du marché du travail,qui aura forcément une grande influence sur le capital  » confiance  » entre les Français !…
      Alain Pietri.

    2. Bonjour ,je suis d’accord avec l’affirmation de Sarah pour l’avoir vécu en suisse .
      En terme de confiance ,hélas ,il est regrettable d’être licencié pour bien moins que « ca ».
      En effet,les raisons budgétaires sont un des éléments pour lequel vous pouvez être licencié.
      Nous avons été plusieurs collaborateurs à subir ce schéma.
      Mais les raisons invoquées pour être licencié sont autrement formulées.
      Cela ne m’empêche pas de postuler en suisse car j’aime tout particulièrement la culture ,les différences linguistiques,l’engagement professionnel et les différentes collaborations .
      C’est juste important de situer la véracité de certains propos et une réalité parfois cachée .
      Cordialement .

      1. De manière générale, il y a en France, beaucoup plus d’affect dans les relations de travail qu’en Suisse. Mais j’aime aussi dire qu’il est plus facile de se faire licencier qu’en France, mais que se retrouver sur un marché de l’emploi avec 10% de taux de chômage, et un autre avec 3% de taux de chômage, ce n’est pas tout à fait la même chose…

    3. Bonjour à tous,
      Il est vrai qu’en Suisse le licenciement est eh théorie plus souple qu’en France. Dans la réalité, un employeur en France peut y arriver avec autant de facilité, il lui suffit d’etre factuel et d’exposer une réalité, celle du marché pour obtenir gain de cause moyennant indemnisation.

      En faisant le compte salaire + indemnisation entre France et Suisse , la Suisse est bien au dessus. Nous Français avons ce complexe de l’hyper pseudo sécurité, à croire que nos chômeurs et nos SDF sont invisibles.
      Je reviens sur le sujet du poste.
      Je suis en ligne phase avec vous, la confiance en Suisse est une responsabilité qui si elle est respectée permet de belle expérience aussi bien sûr le plan personnel que professionnel. Je me dis que c’est peut être le meilleur moyen de jauger l’autre: lui accorder sa confiance.
      Mentir sur son CV est certes contre productif, malheureusement ceux qui ne le font pas se retrouve distancé par le peloton de tête dopé au salaire gonflé, compétences exagérées et expérience biaisée.
      Cette prise de concience sonne comme une revanche.
      Cordialement

    4. Merci pour cet article. Je crois juste que tout mensonge de candidat soit pénalisé. Mais quand osera-t-on parler des mensonges des employeurs (emploi réel différent de la description de l’offre)?

    5. Bonjour

      je suis venue en Suisse pour un poste d’expert…je le suis..20 ans d’experience mais payee comme un debutant..

      Maintenant je devais « obeir » aux ordres d’une collegue, junior mais qui connait bien le grand patron
      Elle n’etait pas la chef sur le papier mais dans la realite…meme si elle en maitrisait pas le sujet…il fallait la considerer comme experte…
      bosser avec quelqu un qui ne maitrise pas un sujet complexe, necessitant des bases scientifiques avec qq annees de pratiques terrain aussi…et bien c’est complique et si c est une enfant gatee, elle osera mentir..manipuler…derriere un sourire miel du fiel. Avertissementt…mademoiselle se plaint de « competition ». etc .wouahh 20 ans d ex contre..quelques mois a rendre visites aux responsables groupes ( bien!)…sans rien appronfondir sauf via wikipedia) et..sans pratique…cela se sent dans le discours, ., sauf pour le grand boss ..et surtout elle a un reseau…recruter via son papa CEO…. Resultat mise au placard, modification du profile de mon poste…Personne ne vous parle, pas de emails…placard…on craque et on est vire…Venir avec ses enfants pour ca..alors qu ils avaient du mal a trouver un senior expert…dans ce domaine…et surtout dans ce coin perdu!!
      je suis dans ….avec mes enfants…c est dur! impossible de me trouver un poste quinqua …vire!! et les enfants…

      1. Bonjour,
        Cela arrive, et malheureusement dans un cas comme celui-ci, il faut simplement partir. A titre personnel, j’ai connu tous les cas de figure ici : l’entreprise qui est dans un véritable bon état d’esprit et qui se sépare de ses collaborateurs car elle n’a pas beaucoup de choix, l’entreprise qui fait n’importe quoi avec ses salariés et qui les maltraite… Globalement, les entreprises ici essayent de garder leurs collaborateurs.

    6. Bonjour, j’aimerais savoir si la Suisse est en recherche d’enseignants? ( je suis professeur d’éducation physique et sportive en lycée en France), de plus je parle couramment le français, le portugais l’espagnol et l’anglais, mais pas l’allemand, serait il problématique dans ma recherche d’emploi ? ( bien sur dans le côté français )
      Merci

      1. Bonjour,
        Le fait de ne pas parler allemand pour une recherche d’emploi en Suisse romande dans l’enseignement ne me semble pas poser problème. En revanche, je ne sais pas vous dire si on recherche des enseignants dans votre discipline (en Science, je sais qu’on en recherche, mais en éducation physique…).

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