Parmi les questions que se posent le plus fréquemment les étrangers qui viennent travailler en Suisse, celles qui concernent le coût de la vie, le montant des impôts, le coût du logement et des transport reviennent probablement le plus souvent. Et c’est un excellent réflexe car bien sûr, le coût de la vie n’est pas le même partout en Suisse : par exemple, se loger dans le canton canton de Genève revient très cher, ce qui n’est pas forcément le cas dans le canton de Fribourg. En particulier, beaucoup d’étrangers s’interrogent sur les cantons qui sont les plus intéressants sur le plan financier, et qui leur permettent d’optimiser l’ensemble de leurs coûts : logement, transport, assurance maladie et impôts notamment. Même si, en pratique, votre lieu d’habitation dépendra avant tout de votre lieu de travail et que vous n’aurez pas toujours le choix de vous installer où vous voulez, il est parfois plus intéressant de s’installer un peu plus loin, parfois même dans un autre canton, et d’accepter les voyages quotidien : sur le plan financier, cela peut faire la différence.
Les paramètres qui rentrent en ligne de compte pour faire ce calcul sont nombreux : le coût d’un appartement ou d’une maison dans le canton, le coût de l’assurance maladie (qui varie d’un canton à l’autre), le montant des impôts (qui varie selon le canton, et la commune si vous êtes soumis au barème d’impôt ordinaire ainsi que les déductions possibles, pas toujours les mêmes dans tous les cantons)… Le Crédit Suisse Economic Research vient de sortir une étude très intéressante qui permet, à partir du calcul d’un indicateur, le revenu disponible, de faire une comparaison entre les cantons.
Sans rentrer dans le détail, le revenu librement disponible d’un canton tient compte de plusieurs profils de personnes (des locataires en activité, des propriétaires en activité et des retraités). Il est calculé comme suit (pour les actifs) :
Revenu disponible = revenus bruts (principalement le salaire et les revenus de la fortune) – impôts – cotisations sociales – primes d’assurances maladie – loyer – frais accessoires – frais liés à l’énergie – coût des trajets
Uri est le canton où la vie est la moins chère, Genève celui où elle est la plus chère
Si on classe les différents cantons selon leur revenu librement disponible, on obtient le classement suivant :
Ce classement prend comme base la moyenne en Suisse. Tous les cantons qui propose un revenu librement disponible plus grand sont sur la partie gauche (en positif) : dans le cadre d’une installation en Suisse, les cantons d’Uri, de Glaris et d’Appenzell Rhodes intérieures sont les cantons où potentiellement la vie est la moins chère.
Tous les cantons qui proposent un revenu librement disponible inférieur à la moyenne se retrouvent sur la partie droite du graphique, Genève étant le canton qui est le plus défavorable, notamment à cause du prix très élevé du logement, suivi du canton de Bâle ville et du canton de Vaud.
Pour connaître l’abréviation des cantons, consultez notre page « cantons suisses »
Enfin, dans les centres urbains suisses, la vie est clairement plus chères. Ce qui explique notamment que Genève, canton majoritairement urbain, soit de loin le canton où la vie est la plus chère.
Les cantons qui proposent à la fois les charges les plus faibles (impôts, santé) et les frais les plus faibles (logement, coûts de l’énergie)…
L’étude permet également de classer les cantons qui proposent à la fois des charges faibles (au niveau des impôts et des frais d’assurance santé par exemple) et des frais faibles (ceux liés à l’habitation, le coût de l’énergie, les frais accessoires…) : c’est-à-dire les cantons très intéressants pour les personnes qui y habitent. Il s’agit, pour beaucoup, de cantons de Suisse alémanique et même de Suisse centrale : le canton d’Uri est le grand gagnant sur ces critères. Le canton de Genève pour sa part présente un double inconvénient puisque les frais fixes et prélèvements obligatoires sont tous deux parmi les plus élevés (par rapport aux autres cantons). Le canton de Vaud présente pour sa part des frais fixes relativement réduits en comparaison cantonale, mais les prélèvement obligatoires restent toutefois relativement élevés. Le canton de Zurich propose quant à lui une fiscalité plutôt plus réduite que la moyenne, mais qui est compensée par des frais fixes comme le logement très élevés. Le schéma ci-dessous vous permettra de classer le canton en 4 familles :

Fribourg, l’un des cantons les plus intéressants pour les personnes qui travaillent dans le canton de Vaud ou à Berne
L’étude relève que certains cantons se positionnent plutôt bien. C’est par exemple le cas du canton de Fribourg, qui propose, en comparaison cantonale, des prix locatif ou d’achat de biens immobiliers plus faibles, ainsi que des primes d’assurance santé plus intéressante. Ce canton est en effet une alternative intéressante pour les personnes qui travaillent dans le canton de Vaud ou dans le canton de Berne, tous deux moins intéressants que Fribourg sur le plan du revenu disponible. Avec des transports en commun relativement nombreux et développés, il est relativement simple de travaille dans ces cantons en habitant dans une commune du canton de Fribourg.
Le revenu disponible permet de faire une classification par commune
L’étude permet également de se faire une idée du revenu disponible par commune. En effet, si on tient compte de l’impôt communal (qui ne concerne que certains étrangers, ceux qui sont soumis au barème d’impôt ordinaire, et qui sont pour la plupart des cantons les personnes au bénéfice d’un permis B ou L et qui touchent un salaire de plus de 120 000 CHF par an), on constate qu’il existe au sein même d’un canton des différences parfois importantes d’impôt, ce qui impacte le revenu librement disponible.
La cartographie de l’imposition sur le revenu
En Suisse, les impôts représentent en moyenne 11,6% du revenu brut moyen des ménages : c’est donc un poste de dépense important.
L’étude propose, entre autres richesses, une cartographie de l’imposition des personnes physiques en Suisse. On constate que la Suisse est littéralement coupée en 2, par une ligne qui va de Bâle à l’extrême est du canton du Valais.
C’est en Suisse central qu’on paie le moins d’impôt, et en Suisse orientale. En Suisse romande, ainsi que dans les cantons de Berne, Bâle et Soleure, on y paie en moyenne plus d’impôt qu’ailleurs. Par ailleurs, ce sont les communes du canton de Neuchâtel où on paie le plus d’impôt en Suisse.
La cartographie du coût du logement : plus l’impôt est attractif, plus le coût du logement est élevé
Près de 12% du budget moyen des ménages en Suisse est consacré au logement, que ce soit par la location ou les frais liés aux emprunts hypothécaires. Les différences de coût du logement entre les cantons et communes sont importants : entre la commune la plus chère et la moins chère (pour un même bien immobilier), le rapport est de 2,5…
Les prix des loyers et des logements sont plus élevés dans les centres-villes, ainsi que dans les régions touristiques. Par ailleurs, les communes qui proposent une fiscalité intéressantes ont presque toutes un coût du logement plus élevé qu’ailleurs.
Les cantons qui proposent les frais de logement les plus faibles de Suisse sont les cantons de Neuchâtel et du Jura.
Un service gratuit pour savoir dans quelle commune s’installer
Les concepteurs de l’étude proposent de transmettre la fiche d’une commune reprenant tous les facteurs financiers. Ces fiches incluent notamment un classement des communes alentour en fonction du revenu librement disponible : c’est particulièrement pratique, notamment si vous arrivez de l’étranger et que vous hésitez entre plusieurs communes limitrophes pour vous installer. Attention, ces études ne tiennent compte que des aspects financiers. Ce service est disponible ici.
L’étude du Crédit Suisse Economic Research regorge d’autres informations très intéressantes que nous vous invitons à découvrir en la téléchargeant (fichier pdf). Vous y trouverez également un exemple de fiche pour une commune dans le canton du Valais.
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