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Accords bilatéraux : la Suisse dit oui à l’UE

flash spécial – 10 février 2009

Ce dimanche 8 février 2009, les suisses ont voté pour la reconduction des accords bilatéraux et à l’extension de la libre circulation à la Bulgarie et à la Roumanie.

Cette votation a probablement été une de celles qui a été le plus attendue, tant par le gouvernement que par la population.

Le peuple suisse a, une fois de plus, voté sans émotion et de manière extrêmement pragmatique. Ce vote représentait un enjeu majeur pour l’avenir des relations entre la Suisse et l’Union européenne :

  • d’un côté, la Suisse savait qu’un non remettrait en cause tous les accords économiques – fort bien négociés à l’époque par la Suisse – et que la période de crise, pas particulièrement propice, aurait pu agraver la situation économique du pays.
  • d’un autre côté, les partis nationalistes suisses ont tout misé pendant la campagne sur la peur de l’immigration clandestine des roumains et des bulgares. Cette crainte aurait pu raviver un sentiment nationaliste et protectionniste, et ce d’autant que la crise économique aurait pu radicaliser les esprits.

Les résultats de la votation du 8 février 2009 sont sans appel : près de 60% de oui au niveau national, et seuls 4 cantons ont refusé l’extension de l’accord (Schwyz 56,6% de non, Glaris – 51%,  Appenzell Rhodes-Intérieures – 53,3%, Tessin – 65,8%).

Parmi les cantons les plus « europhiles », on trouve le canton de Vaud (70,2% de oui), Bâle ville (66,8%), et Jura (66,9%).

Ce que la presse suisse nous annonçait depuis des semaines n’est pas arrivé : les cantons les plus « exposés » à l’immigration (Genève, les cantons de Bâle, Neuchâtel, Jura, Vaud et Zurich) ont tous obtenus un « oui » proche ou supérieur à la moyenne nationale. Et c’est probablement ce qui prouve que le vote n’a pas sombré dans l’émotion.

Rappelons que pour le seul canton de Genève, plus de 50 000 travailleurs frontaliers français y travaillent et que les tensions sont parfois vives. Ainsi, il semblerait qu’on se pleigne parfois de ces travailleurs étrangers, mais que la raison est là et que globalement, leur apport à l’économie suisse est reconnu. C’est du moins une des conséquences qu’on pourrait tirer de ces résultats.

On remarquera aussi que les 3 cantons de Suisse centrale qui ont dit non sont ceux qui sont les moins touchés par le chômage, parfois présenté par les extrémistes comme étant la conséquence du travail des étrangers. Là non plus, point de relation.

Ce résultat est bien sûr aussi une excellente nouvelle pour l’Union européenne et pour ses ressortissants qui pourront continuer à bénéficier de la libre circulation des personnes en Suisse.

En savoir plus :

David Talerman

Spécialiste de l'expatriation et de l'emploi en Suisse, je suis l'auteur du livre Travailler et Vivre en Suisse. Suivez-moi sur Instagram, LinkedIn, Facebook. Suivez notre actualité grâce à notre newsletter.

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