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Pourquoi répondre aux annonces ne sert plus à grand chose (et pourquoi il faut quand même continuer)

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Réponse annonces offres d'emploi en Suisse

La publication de petites annonces pour recruter des profils – une pratique utilisée depuis au moins 30 ans – figure encore en bonne place dans l’arsenal de recrutement des professionnels RH en Suisse, à côté de techniques et d’outils beaucoup plus modernes comme l’utilisation de LinkedIn ou Xing. Pour un recruteur, publier une annonce, c’est l’assurance d’avoir une bonne centaine de candidatures, dont une grande partie qui ne sert à rien, mais qu’il faut trier et ensuite gérer : c’est en général un travail très chronophage qui suit une publication d’annonce.

Si on se place du point de vue du candidat qui recherche un emploi en Suisse, on sait qu’on doit toujours et encore répondre aux offres d’emploi présentes dans les annonces. Mais est-ce encore aussi vrai ? Voici quelques informations qui vont peut-être changer votre avis sur le sujet et qui vous permettront peut-être de ré-orienter de manière un peu plus efficace votre stratégie de recherche d’emploi.

#1. Répondre à une annonce, c’est l’assurance d’être en compétition directe avec des centaines de candidats

Vous avez vu cette annonce sur Indeed.ch, Jobtic.ch ou Jobup.ch ? Génial. Le problème, c’est que des centaines, voire des milliers de candidats – et donc des compétiteurs directs – ont vu la même. Concrètement, cela signifie qu’en répondant à une offre d’emploi via une annonce, votre dossier de candidature atterrira entre les mains d’un recruteur qui aura, au final, plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de candidatures entre les mains pour le même poste.

Avec ce gros tas de candidatures, le recruteur sera dans un état d’esprit très particulier : en lisant les CV des candidats, il ne cherchera pas à voir ce qui va, mais plutôt ce qui ne va pas pour pouvoir se débarrasser au plus vite de cette pile de CV qui encombre sa boîte ou son bureau.
Pour un candidat, cela implique d’être très rapide à répondre (le recruteur n’accordera pas le même intérêt au 1er dossier de candidature qu’au 300ème), et d’avoir un CV extrêmement percutant : le recruteur n’a en effet ici probablement moins de 10 secondes pour comprendre quel professionnel se cache derrière ce CV et quels compétences il possède…

#2. Certaines annonces concernent des postes qui sont déjà pourvus

Ah la politique ! Il arrive parfois, pour des tas de raisons les plus mauvaises les unes que les autres, que des annonces soient publiées alors même que le poste est, en interne, déjà pourvu. Ce phénomène concerne plus volontiers les grandes entreprises ou structures, et toutes jureront que non, ce n’est pas possible, qu’ils ont autre chose à faire, mais c’est malheureusement encore vrai, même si, avouons le, cela reste très limité. Toutefois, pour un candidat qui passe plusieurs heures à préparer une candidature, c’est un constat qui peut s’avérer amer (même s’il n’en saura jamais rien).

#3. Certains cabinets de recrutement publient des offres bidons pour se constituer un vivier de candidats

Autre raison de se méfier des annonces : certains cabinets de recrutement, pour se faire une base de données candidats, vont tout simplement créer des annonces bidons, ou plus exactement de vraies annonces pour des postes qui ont soit existé (mais qui ne sont absolument plus disponibles) soit qui vont exister (un cabinet de recrutement qui veut être crédible dans le cadre d’un appel d’offre d’une entreprise doit être capable de proposer « en magasin » des profils intéressants).
Cette pratique, souvent décriée par les « bons » professionnels RH du secteur en Suisse, subsiste malheureusement encore et devient de plus en rare compte tenu du coût que représente la publication d’une annonce. Et comme les cabinets de recrutement sérieux ont, à disposition, une base de donnée candidats très bien fournie (on peut aller dans certains cas sur plusieurs centaines de milliers pour les très grandes structures internationales), l’intérêt est moindre.

Méfiez vous enfin tout particulièrement des offres alléchantes émanant de cabinets de recrutement étrangers qui ne sont pas implantés en Suisse et qui recrutent – en toute illégalité – pour des postes sur le marché suisse.

#4. Pour un candidat, répondre à une annonce revient à alléger artificiellement sa conscience

Cela fait des années que je l’explique aux candidats qui basent la quasi-intégralité de leur recherche d’emploi sur la réponse à des annonces : répondre aux annonces, cela revient à inconsciemment alléger votre conscience, et vous fait artificiellement croire que vous avez fait quelque chose d’utile (eh oui, vous pouvez dire : « j’ai répondu à 10 annonces aujourd’hui, j’ai donc fait quelque chose de ma journée » ). Accessoirement, cela permet également de justifier auprès de l’ORP ou de Pôle emploi que vous avez bien travaillé, ou plutôt fait quelque chose de votre journée.
Côté recruteur, c’est parfois la même chose : un cabinet de recrutement qui travaille pour le compte d’une entreprise pourra par exemple justifier auprès de son client qu’il a fait le nécessaire en publiant « aussi » une annonce sur les principaux job boards. Dis autrement, pour un recruteur, publier une annonce permet en quelque sorte de justifier au kilo à sa hiérarchie ou son client qu’il a bien fait quelque chose. Et pour ne rien vous cacher, beaucoup de cabinets de recrutement fonctionnent encore comme cela aujourd’hui.

#5. Pour les entreprises, les offres d’emploi ont de moins en moins de valeur

Les entreprises ont aujourd’hui des problèmes de recrutement qui ne sont plus les mêmes que ceux d’hier : avant, il fallait publier une annoncer pour « attirer le chaland », ce qui permettait de rendre visible la marque de l’entreprise et l’annonce, et surtout d’identifier les candidats potentiels.
Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises peuvent accéder à une base potentielle de candidats très importante, LinkedIn et les réseaux sociaux permettant d’identifier relativement facilement et précisément les candidats.

Les talents – ceux que les entreprise recherchent – ne répondent en général pas aux annonces. Pourtant, les professionnels RH continuent à publier des offres d’emploi par ce biais. Pourquoi ? Pour les raisons mentionnées avant, mais surtout parce qu’on est en mode « au cas où, sur un malentendu, on ne sait jamais ». Comme tout ceci coûte très cher pour les entreprises (si vous cumulez le prix d’une publication d’annonce et le temps passé à gérer les retours), les habitudes sont en train de changer, et les techniques plus « finaudes » de recrutement se développent (comme celles utilisées dans le cadre du sourcing de candidats). Par ailleurs, les entreprises ont aujourd’hui à disposition des moyens de communiquer les offres d’emploi qui sont de moins en moins coûteuses (d’ailleurs à ce propos nous proposons des tarifs défiants tout concurrence sur notre site :-)).

Mais que faut-il faire alors quand on est un candidat ?

Un candidat qui espère avoir un entretien en ne répondant qu’à des annonces me semble être un comportement tout aussi « efficace » et hasardeux qu’un recruteur qui publie une annonce et attend de recruter le bon profil : ça peut fonctionner (et encore, si le profil du candidat est a minima recherché), mais ça risque de prendre beaucoup de temps. Or, dans une recherche d’emploi, le temps est probablement votre pire ennemi.

Faites donc comme les recruteurs : n’écartez pas ce canal, il serait dommage de ne pas répondre à une annonce qui correspond à votre profil, mais n’y passez pas trop de temps, car le salut se trouve évidemment ailleurs : la recherche d’emploi s’est aujourd’hui quasi professionnalisée, et le secret réside dans une bonne organisation, une bonne utilisation d’outils digitaux et services incroyablement utiles (et en général totalement méconnus du plus grand nombre), et dans une bonne utilisation des techniques de réseautage.

C’est ça le combo gagnant aujourd’hui, à vous de savoir où vous en êtes et ce dont vous avez besoin pour pousser votre recherche d’emploi au niveau supérieur. Et si jamais vous estimez avoir besoin d’un coup de pouce, jetez un oeil à nos différents ateliers sur la recherche d’emploi en Suisse : c’est probablement le meilleur investissement que vous pourriez faire cette année.

crédit photo : Fotolia @alphaspirit

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David Talerman

Spécialiste de l'expatriation et de l'emploi en Suisse, je suis l'auteur du livre Travailler et Vivre en Suisse. Je partage mon temps entre Travailler-en-Suisse.ch et b-Sharpe.com, pour qui je gère le Digital. Suivez-moi sur LinkedIn, Facebook, @Expatwire. Suivez notre actualité grâce à notre newsletter.

14 réflexions sur “Pourquoi répondre aux annonces ne sert plus à grand chose (et pourquoi il faut quand même continuer)”

  1. Merci je l’ai appris à mes dépends, après avoir postulé plusieurs fois en suisse jusqu’à être tenu en haleine plus d’un an par une célèbre société qui fini par vous discréditez vis à vis de votre employeur de l’époque pour terminer par démissionner parce que mis au placard. On n’a pas le droit d’étaler un processus de recrutement au delà de 3 mois sinon c’est de la manipulation mentale.

  2. Bonjour Alberto,
    Cela dépend clairement du candidat, du métier, du profil. Toutefois, les techniques mentionnées, comme notamment le réseautage, ou l’utilisation de LinkedIn, sont clairement des pistes à suivre. Par ailleurs, les aspects interculturels sont – à tort – souvent totalement ignorés des candidats. Vous trouverez sur les liens quelques ressources gratuites sur notre site. Si vous voulez aller plus loin et de manière professionnelle, nous proposons plusieurs services pour accompagner les candidats.

  3. Salut,
    Moi, j’ai été jusqu’a laisser ma place d’ingenieur chez PSA, pensant commencer un emploi en Suisse qui a la fin on decidé de ne plus engager pour le moment, je vais pas raconter toutes les consequences, mais je me suis rendu trois fois en Suisse et quand on travaille en Espagne le coût de la vie est intenable.

    1. Bonjour Emanuele,
      Règle d’or : ne jamais laisser un emploi sans avoir l’assurance de commencer le suivant, et donc d’avoir signé le contrat (même si en théorie, ce n’est pas suffisant). Comment cela s’est-il passé pour vous ?

    2. Bonjour

      Il est arrivé la même mésaventure… 4 entretiens avec une société de distribution qui m’a envoyé une promesse d’embauche. En toute confiance j’ai démissionné de mon poste en France. Deux jour plus tard coup de téléphone: désolé finalement le poste n’est plus à pourvoir. Effectivement il faut être prudent, car cela peut avoir ses conséquences désastreuses à cause d’employeur peu scrupuleux. Il faut garder l’espoir!!!

  4. Bonjour DAVID,
    Moi,.. je suis d’accord pour le réseautage, mais à l’ancienne (les connaissance).
    Je suis senior, consultant en Informatique et actuellement en poste. Et depuis un an que je cherche à changer de SSII ( société de services en informatique) en répondant à des annonces qui correspondent souvent à mon profil , MAIS EN VAIN.
    Comme vous l’avez mentionné : c’est souvent des postes ou déjà pourvus , ou bidons ou encore pour alimenter leur base de CV et monter un vivier de candidats , et excusez-moi pour le mot : je trouve cette dernière , vraiment « Dégueulasse » de leur part.
    Et pour LinkedIn , c’est « pas question » , car beaucoup comme moi en poste , et je parle en connaissance de cause, ne souhaite pas que leur employeur actuel sache qu’il cherche ailleurs ou avec qui il est entré en contact sur LinkedIn (car le problème est l’algorithme)
    Cher DAVID , ces sites de réseaux professionnels sont basés sur un algorithme, et vous l’avez sans doute remarqué :
    Quand A (employeur) est lié à B (salarié de A)
    quand B entre en contact avec C (autre employeur)
    Alors l’algorithme envoi une notification à A : que B est entré en lien avec C.
    Et c’est pour ça , personnellement je préfère le réseautage à l’ancienne comme je l’ai noté au début, David.
    et je jetterai bien un coup d’œil sur vos ateliers sur la recherche d’emploi en Suisse, et merci beaucoup de votre article pertinent.

  5. Vous dites cela pour vendre votre formation..arrêtez d’influencer les gens et de les décourager.
    C’est sur qu’il faut s’y prendre pas de n’importe quelle façon..

    J’ai changé 8 fois de jobs en Suisse depuis 11 ans ..tout simplement en postulant en ligne ..et en répondant à des annonces.

    1. Bonjour,
      J’ai beau relire, je ne vois pas en quoi mon article décourage les candidats. Je donne des explications et apporte une aide pour optimiser leurs recherches. Je ne dis pas qu’il faut arrêter de répondre aux annonces, je dis juste que ce n’est pas efficace, et que ça le sera de moins en moins.
      Concernant votre expérience, je suis très heureux de voir que nous disons exactement la même chose : il ne faut pas s’y prendre de n’importe quelle façon. Et prétendre aujourd’hui que le réseautage et les techniques « modernes » de recherche d’emploi ne servent à rien (ce que je comprends entre les lignes de votre commentaire), ou prétendre que répondre à des annonces suffit pour trouver un job, me semble être une position très difficile à tenir. Pourquoi ? Relisez l’article 🙂

  6. Bonjour,
    Merci de vos éclaircissement, j’ai toujours eu l’impression de perdre mon temps avec ces sites. je pouvais pas le confirmer mais j’avais le pré sentiment qu’on se servait juste de moi.
    Maintenant, d’après ce que j’ai lu ça et la, il est plus difficile pour un africain (qualifié bien sûr) de trouver un emploi en suisse. Donc ma question est : quelles sont les chances des africains (Sénégal) sur le marché de l’emploi suisse?
    Je vous signale que j’ai une Maîtrise en Economie et je travaille actuellement dans le milieu bancaire.

  7. Le résautage linkedin est une arnaque. J’ai construit tout au long de ma carriére un résau de professionnels dans mon secteur, trading, marchés financier, banques, courtiers etc. et j’ai accru mes contacts à prés de 1000 personnes dans mon domaine, de Vancouver à Sydney, sur Linkedin, Xing et Viadeo voir parfois de personnes qui me sont un peu redevables.
    Aujourd’hui je galére depuis plus de 3 ans et demi sans emplois et pas un sur 1000 ne m’a aidé et c’est pas faute de les avoir relancés.
    Les candidatures sur les sites de carriéres de banques et d’entreprises c’est 99,99 % d’echec, et les CV spontanées ne marchent plus de nos jours.
    Je ne vois pas d’autre méthode que les annonces sauf si vous êtes né chez Morgan, Warburg ou Rotschild

    1. Bonjour,
      Ce n’est pas parce que vous avez une longue liste de contacts sur Linkedin que votre réseau est utile : c’est une erreur commise par beaucoup. Ce qui importe, c’est la confiance que vous réussissez à créer dans vos relations en Suisse. C’est la clé. Linkedin est un outil fantastique pour repérer des personnes, pour se faire repérer, pour entrer en relation. Il doit à mon sens avoir une part importante dans votre recherche d’emploi. Mais ce qui fera toujours la différence, c’est le contact physique.
      Pour ce qui est des job boards et autres sites de carrière, ils sont très visibles, très utiles (mais pas forcément pour ce qu’on croit), mais vous mettent immédiatement en compétition avec des centaines de candidats : beaucoup de candidats passent une grande partie de leur temps à les utiliser, et selon moi ils perdent beaucoup de temps et pourraient employer leur temps de manière beaucoup plus efficace. En revanche, ils ont une utilité dans le dispositif de recherche d’emploi.

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