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Proposition de salaire en Suisse : 10 conseils à suivre avant de dire oui

Sommaire
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    Une entreprise suisse vient de vous faire une proposition de poste et vous propose un salaire. C’est plutôt une bonne nouvelle, mais ce n’est pas le moment de baisser la garde, car un salaire suisse est souvent difficile à estimer lorsqu’on est étranger.

    En effet, cette étape reste LA grande inconnue pour beaucoup de candidats, et certains avouent n’avoir absolument aucune idée de ce à quoi ils peuvent prétendre ni de la manière de juger l’offre qu’on leur fait. Pour éviter la pire des situations qui consisterait à accepter un salaire plus bas que ce que le marché propose (et peut-être se retrouver ensuite dans une situation financière qui ne vous permet pas de vivre correctement en Suisse ou en France en zone frontalière), voici 10 règles à suivre avant de dire oui et de signer le contrat de travail.

    1 – Savoir si l’entreprise dépend d’une Convention Collective de Travail (CCT) ou non

    Si l’entreprise avec laquelle vous êtes en discussion dépend d’une Convention Collective de Travail (CCT), alors vous trouverez dans cette convention collective le salaire suisse minimum correspondant à la plupart des métiers. Cela vous permettra de situer la proposition que l’entreprise vous fait par rapport au minimum. Pour savoir si l’entreprise dépend d’une CCT, le plus simple est à mon sens de le demander au professionnel RH ou au recruteur avec qui vous êtes en relation. Vous trouverez sur le site du SECO une définition plus formelle des CCT.

    Si l’entreprise n’est soumis à aucune CCT, alors vous n’aurez pas de point de repère minimum « officiel ».

    2 – Calculer son salaire net en CHF

    Certains employeurs suisses vous proposeront une estimation de votre futur salaire net (car en général, la négociation se fait en brut), mais beaucoup ne le font pas. Pour répondre à ce besoin, nous avons mis en place un calculateur de salaire qui vous permet de faire une estimation du salaire net (pour les salariés qui y sont assujettis, nous ne calculons en revanche pas le montant d’impôt à la source).

    3 – Calculer son salaire net en euros (pour les frontaliers)

    Si vous avez le statut de frontalier (ou voulez l’avoir), vous avez déjà probablement compris que vous allez être soumis au risque de change EUR CHF et que le salaire net que vous percevrez au final en euros changera tous les mois, même si votre salaire en franc suisse est constant : en effet, étant payé en francs suisses, et vivant dans un pays de l’Union européenne, vous allez devoir changer ces francs suisses en euros. Le change EUR CHF variant à chaque instant, le montant en euros que vous récupérerez ne sera pas le même. Vous pouvez faire une estimation du montant que vous aurez en utilisant notre convertisseur de devises EUR CHF. Faire ce calcul est important car c’est le seul vrai moyen de savoir ce que, en tant que frontalier, vous aurez à la fin du mois pour vivre dans votre pays.

    4 – Activer son réseau pour récupérer de l’information sur les salaires

    L’un des meilleurs moyens de savoir si l’offre qu’on vous fait est dans le marché, est de consulter des professionnels du secteur concerné. Les cabinets de recrutement et agences de placement peuvent être une bonne source d’information car ils connaissent en général les salaires des secteurs qu’ils couvrent. Les annonces, lorsque les salaires sont mentionnés, peuvent aussi vous donner un piste, tout comme votre réseau proche. Si le salaire reste toujours un sujet délicat à aborder, vous devriez pouvoir a minima vous faire confirmer qu’un salaire est dans les normes, ou pas.

    Une autre possibilité de se faire une idée de la « justesse » de la proposition de salaire suisse qu’on vous fait est de chercher connaître la réputation en matière de conditions de salaires de l’entreprise dans laquelle vous allez peut-être travailler. Votre réseau peut vous aider, mais il existe depuis quelque temps un site très pratique : Glassdoor, un site sur lequel les salariés d’une entreprise donnent, dans un esprit communautaire, des informations sur les sociétés, et notamment les salaires. Ce service nous semble en effet être un outil prometteur : même s’il ne couvre pas toutes les entreprises suisses, il permet d’avoir quelques informations « de l’intérieur ».

    5 – Par rapport au seuil de pauvreté, où est-ce que je me situe ?

    Ce n’est bien sûr pas ce qu’il faut viser, mais le seuil de pauvreté est un indicateur qui permet de situer la proposition de salaire qu’on vous fera. Certains secteurs d’activité en Suisse sont connus pour proposer des salaires particulièrement bas (par exemple, le salaire moyen proposé dans le secteur bancaire est le double du salaire moyen proposé dans le secteur de l’hôtellerie), et il faut s’assurer qu’avec ce salaire, on pourra vivre de manière décente en Suisse ou en zone frontalière.

    Aussi, pour fixer les idées, le seuil de pauvreté en Suisse est à 2300 francs suisses par mois pour une personne célibataire (soit 27 600 CHF bruts par an). Pour plus de détails et d’informations, consultez cet article sur les travailleurs pauvres en Suisse.

     

    6 – Intégrez tous les éléments de coûts dans votre décision

    Ce n’est pas faute de l’avoir répété : le coût de la vie en Suisse est très élevé, parmi les plus élevé au monde. Mais le coût de la vie ne s’arrête pas à la frontière, et dans les zones frontalières (françaises notamment), le coût de la vie est l’un des plus élevés en France. Par ailleurs, que vous soyez frontalier ou résident en Suisse, vous devrez ajouter notamment les frais d’assurance maladie, qui prennent l’ascenseur depuis plusieurs années, et qui représentent par personne un budget mensuel compris minimum de 100 EUR environ (pour une couverture minimale dans le cadre d’une assurance santé frontalier), et de 250 CHF mensuel au minimum environ pour un trentenaire qui vit en Suisse (ces chiffres dépendent de nombreux facteurs, dont l’âge et la franchise) dans le cadre d’une assurance maladie obligatoire LAMal. Et ces couvertures proposent des prestations franchement minimales, et donc insuffisantes pour couvrir beaucoup de soins).

    7 – Ne comparez pas un salaire suisse et français

    Je le mentionne encore, mais j’espère que plus personne ne fait cette erreur : ne convertissez pas votre salaire en francs suisses en euro pour le comparer avec ce que vous gagnez en France ou dans votre pays de résidence en Europe ou ailleurs, cela n’a aucun sens, compte tenu du coût de la vie en Suisse qui est différent (cette règle est bien sûr encore plus vraie pour les futurs résidents en Suisse). Ce qui est important, c’est de savoir combien vous valez sur le marché du travail en Suisse. Car le cas de figure suivant peut apparaître :

    1. le salaire en francs suisses converti en euros est supérieur à votre salaire en euro en France
    2. mais le salaire qu’on vous propose en francs suisses est largement inférieur à ce qu’on devrait normalement vous proposer en Suisse (pour un tel poste)
    3. Conclusion : vous vous faites avoir et alimentez malgré vous le dumping salarial qui consiste à recevoir un salaire moins cher parce qu’on est étranger.

    8 – Regardez les autres avantages salariaux, en dehors du salaire fixe

    Le salaire fixe cristallise en général toutes les attentions. Mais dans une proposition de salaire suisse, il y a également tous les « à côté ». Il faut notamment savoir :

    • si vous toucherez un salaire variable et/ou un bonus (pratiques qui ne sont pas, selon les secteurs, uniquement réservées aux membres de la direction. Par exemple, 70% des informaticiens en Suisse touchent un salaire variable)
    • si vous bénéficierez d’avantages en nature : véhicule, participation au logement, à l’assurance maladie… Ces pratiques ne sont pas courantes mais doivent bien sûr être valorisées dans la proposition de salaire qu’on vous fait
    • si la caisse de pension est intéressante : entre une bonne et une « moins bonne » caisse de pension, la différence après quelques années de travail peut être de plusieurs dizaines de milliers de francs suisses. A vous de voir si vous souhaitez intégrer ce paramètre qui tient plus de la prévoyance que du salaire à proprement parler.

    9 – Consultez les calculateurs de salaires officiels

    Les syndicats et les autorités suisses proposent des calculateurs de salaire qui permettent, à partir de vos informations, de faire une estimation du salaire suisse que vous pourriez demander pour un poste. Ces calculateurs se basent sur les enquêtes officielles menées auprès des entreprises suisses qui communiquent les salaires de leurs employés à des fins statistiques. Ce sont donc des outils incontournables si vous voulez faire une estimation au plus juste de votre futur salaire en Suisse. Il existe des calculateurs de différentes sortes (pour certains cantons notamment), et nous avons regroupé l’ensemble des calculateurs de salaires sur notre page « salaire suisse« . Le Syndicat Unia propose également un site très intéressant et pratique pour calculer son salaire minimum.

    10 – C’est avant de signer qu’il faut négocier, après c’est trop tard

    Ce dernier point est un petit rappel à l’usage de ceux qui négocient leur salaire et leurs conditions et qu’il me semble bon d’avoir en tête le moment venu.
    Certains de mes amis recruteurs me font régulièrement part d’un trait de caractère (qu’ils attribuent principalement aux Français) qui consiste à revenir sur la négociation alors que le contrat est édité et prêt à être signé, voire déjà signé. En suisse (comme dans beaucoup de pays d’ailleurs), la phase de négociation de salaire a un temps, et une fois que tout le monde est d’accord, il n’est en général pas question de revenir sur des points du contrat. Assurez-vous donc, avant de dire « ok je suis d’accord« , que tout est bien en ordre pour vous.
    Et si jamais vous voulez plus d’informations et de conseils, que ce soit sur le calcul du salaire ou la négociation, vous pouvez aussi consulter le livre « Travailler et vivre en Suisse« , qui aborde très largement le sujet du salaire.
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