On le savait depuis longtemps : les entreprises suisses manquent de personnel qualifié. Les ingénieurs font notamment parti des catégories de salariés recherchés en Suisse. Une étude récente, publiée par l’association patronale economiuesuisse et l’association Swiss Engineering UTS fait un état des lieux précis de cette pénurie et de la situation des ingénieurs en Suisse, dont nous vous proposons une synthèse.
En Suisse, 2,66% des salariés sont des ingénieurs
D’après une étude menée auprès des ingénieurs dans plusieurs pays d’Europe, un peu plus de 2,7% des salariés en Suisse travaillent dans des secteurs en relation avec l’ingénierie, et selon les données de l’OCDE, 2,66% des salariés en Suisse sont des ingénieurs (la moyenne européenne étant de 2,14%, la Finlande, l’Allemagne et la France occupant respectivement les 1ère places du classement, avec des taux de 3,19%, 3,12% et 2,94% d’ingénieurs).
On trouve donc en Suisse une proportion relativement importante d’ingénieurs, et ce d’autant qu’environ 170 000 personnes sont, en Suisse, des spécialistes dans les domaines des mathématiques, de l’informatique, des sciences naturelles et techniques.
Il manque en Suisse 15 000 ingénieurs
D’après les dernières estimations, il manquerait en Suisse entre 14 000 et 15 000 ingénieurs pour que le pays puisse se développer correctement.
Voici, par domaine, les pénuries observées (en mars 2009, dernières informations disponibles) :
- Informatique : près de 3 690 ingénieurs
- Technique : près de 4 350 ingénieurs
- Construction : plus de 4 100
- Chimie et sciences de la vie : près de 1 000
- Autres domaines : près de 890
Dans le tableau ci-dessous, vous pourrez voir dans quels secteurs la pénurie d’ingénieurs est la plus forte
| Domaines | Spécialités | Pénurie (en nb d'ingénieurs) |
|---|---|---|
| Informatique | Informatique | 3688 |
| Technique | Génie électrique | 1085 |
| Technique | Génie mécanique | 930 |
| Technique | Microtechnique | 862 |
| Technique | Ingénierie de gestion | 185 |
| Technique | Autres domaines de l'ingénierie | 1287 |
| Construction | Génie civil | 2879 |
| Construction | Planifications et mesures | 508 |
| Construction | Architecture | 784 |
| Chimie et sciences de la vie | Chimie et génie des procédés | 94 |
| Chimie et sciences de la vie | Biotechnologie et sciences de la vie | 374 |
| Chimie et sciences de la vie | Technologie pharmaceutique et médicale | 530 |
| Autres domaines | Géographie | -15 |
| Autres domaines | Sciences exactes | 191 |
| Autres domaines | Autres | 691 |
On observe ainsi que les secteurs d’activité n’attirent pas tous les ingénieurs de la même manière. Parmi les secteurs les plus boudés, l’industrie, qui a vu la proportion d’ingénieurs passer de 50% en 1980 à 26% en 2000, au profit de secteurs plus orientés vers les services, comme le secteur de la Finance ou celui du Conseil par exemple.
Une pénurie qui va empirer dans les années à venir à cause du vieillissement
La pénurie d’ingénieur est déjà une réalité depuis plusieurs années, mais elle devrait empirer dans les années à venir car les ingénieurs en activité en Suisse sont vieillissants : plus de 45% des ingénieurs ont plus de 45 ans (en moyenne en Europe, ce pourcentage est d’un peu moins de 39%, et d’un peu moins de 38% en France).
De fait, le nombre d’ingénieurs « disponibles » sur le marché du travail est actuellement, en Suisse, très bas, et compte tenu de ce facteur de vieillissement, risque de se détériorer encore plus dans le temps. En effet, le taux de remplacement (indicateur qui permet de savoir combien d’ingénieurs sont « disponibles » pour le remplacement d’un ingénieure partant en retraite) était déjà de 1,5% (dernier taux connu) en 2000 en Suisse (soit l’un des plus bas d’Europe), contre 2,4% en France par exemple.
Le recrutement des ingénieurs étrangers
Conséquence de la pénurie d’ingénieurs, les entreprises suisses se tournent de plus en plus vers l’étranger pour recruter leurs spécialistes.
L’étude montre que la prise de conscience a été relativement tardive puisqu’il a fallu attendre 2006 pour que la proportion d’ingénieurs étrangers recrutés en Suisse soit plus importante que la moyenne des autres professions. On remarque d’ailleurs bien dans le graphique ci-dessous, qui reprend le nombre personnes étrangères travaillant dans les domaines de l’ingénierie et de l’informatique, entre 2000 et 2007.
Plus concrètement, les ingénieurs étrangers, notamment allemands et français, sont appréciés par les sociétés suisses, celles-ci considérant que le niveau de formation de ces professionnels est en général bon.
Cependant, l’étude insiste sur le fait que le nombre de candidats étrangers ayant le profil ingénieurs qui sont recrutés n’est pas non plus suffisant, notamment pour des raisons de langues (en Suisse alémanique, il est souvent nécessaire de parler Allemand, et Français en Suisse romande), et également pour des raisons liées au nombre d’ingénieurs disponibles dans les pays eux-même : que ce soit en Allemagne ou en France, il existe une pénurie d’ingénieurs, ce qui ne facilite pas le recrutement des entreprises suisses. Les opportunités de recrutement pour un étranger sont donc réelles, mais limitées par le secteur d’activité mais aussi (et surtout) par la maîtrise de la langue et la volonté de bouger sur le plan géographique (par exemple, un ingénieur français sera peut-être limité dans sa recherche d’emploi s’il ne recherche qu’en Suisse romande, selon sa spécialité).
Le salaire des ingénieurs en Suisse
Ce qui se passe au niveau des salaires pour les ingénieurs en Suisse n’est que le reflet de ce qui se passe dans les branches en général, c’est-à-dire des différences parfois très importantes, pour un même métier, selon le secteur.
Par exemple, pour les ingénieurs, le secteur de la Finance reste le secteur qui propose les salaires les plus élevés, et le secteur du Bâtiment les plus bas. Retrouvez ci-dessous le détail par branche :
| Branche d'activité | Salaire minimum (CHF brut annuel) | Salaire médian (CHF brut annuel) | Salaire maximum (CHF brut annuel) |
|---|---|---|---|
| Bâtiment | 91 000 | 111 000 | 137 000 |
| Chimie - Pharmacie | 110 000 | 131 000 | 168 000 |
| Industrie électrique | 104 000 | 121 000 | 151 000 |
| Chauffage - vent. - climat. | 102 000 | 117 000 | 137 000 |
| Informatique | 110 000 | 130 000 | 148 000 |
| Finances | 120 000 | 147 000 | 192 000 |
| Services | 94 000 | 124 000 | 147 000 |
| Biens de consommation | 111 000 | 134 000 | 160 000 |
| Machines - Métaux | 98 000 | 115 000 | 138 000 |
| Génie médical, medtech | 110 000 | 128 000 | 156 000 |
| Administration | 103 000 | 119 000 | 136 000 |
| Télécommunications | 106 000 | 136 000 | 156 000 |
| Transports | 100 000 | 119 000 | 136 000 |
| Enseignement | 97 000 | 127 000 | 144 000 |
| Autres | 96 000 | 117 000 | 145 000 |
| Toutes les branches | 100 000 | 120 000 | 147 000 |
source : Swiss Engineering UTS, données 2010-2011
Interprétation : le salaire médian signifie que 50% des ingénieurs ont un salaire supérieur à ce montant, et 50% un salaire inférieur. Les indicateurs de salaire minimum et maximum sont des indicateurs qui permettent de savoir, pour un secteur donné, quel est le salaire minimum et le salaire maximum observés. Attention, ces indications ne tiennent pas compte de l’âge, ni de l’expérience des ingénieurs des branches. Selon le profil d’ingénieur, et surtout l’expérience, il peut y avoir des différences de salaires significatives au sein d’un même secteur.
Plus d’informations sur les ingénieurs en Suisse
- La Suisse manque d’ingénieurs : étude complète sur le site d’economiesuisse.
- European Engineering Report 2010 (en anglais)
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- Salaire des ingénieurs en Suisse



Bonjour, Je suis ingénieur industriel de nationalité espagnole, je habite à Genève. Je recherche emploi en Suisse romande depuis plus de deux moins, je parle anglais courament, et je n’ai rien trouvé… tous ces études sont d’ailleurs intéresants mais la réalité c’est bien différente…
Bonjour Jabel,
Ce n’est pas parce que la Suisse a besoin d’ingénieurs qu’elle prendra forcément tous les ingénieurs disponibles sur le marché.
Les raisons de vos échecs peuvent être multiples : secteur saturé (trop d’ingénieurs et pas assez de postes), spécialité qui n’intéresse pas les entreprises suisses, mauvais cv ou mauvaise lettre de motivation, mauvais comportement en entretien, délimitation géographique (par exemple, un candidat peut ne pas vouloir travailler en Suisse alémanique alors que s’est précisément là-bas que les entreprises recherchent des candidats dans sa spécialité)…
Il faut d’ailleurs plus souvent chercher ce qui ne fonctionne pas dans sa propre candidature, c’est souvent là qu’est le problème.
Votre commentaire a l’avantage de souligner que c’est bien d’une étude qu’il s’agit, et que comme toute étude, elle a ses limites. Sur le fond, je vous garantie que les entreprises ont besoin d’ingénieurs, et que beaucoup d’entre-elles n’arrivent pas à recruter !
Bonjour,
Article très interessant, je suis ingénieurs transports (pas logistique mais mobilité, planification des transports en commun, gestion du trafic routier, etc) et je confirme que dans ce domqine tout particulièrement les entreprises ont beaucoup de difficultés à recruter, il semble qu’il n’y ait pas assez de personnes formés sur le marché…
D’autre part je suis française et je travaille à Zurich, en Suisse allemande. D’ailleurs plusieurs bureaux d’études en transports recherchent des francophones pour développer leur marché en Suisse romande.
Bonjour, merci pour cet article intéressant.
Je suis ingénieur en électricité et je cherche à travailler en Suisse. Le principal de l’activité est il me semble du coté de Zurich. Mon niveau d’anglais est bon mais pas « anglais courant », cela est il suffisant pour travailler en Suisse allemande ? quels arguments puis-je donner au recruteur pour qu’ils m’embauche malgré cela ?
merci d’avance.
Question pour Claire : Pourrais tu me donner les noms des bureaux d’études que tu mentionnes ?
Claire,
je suis un ingenieur civil grec, specialise’ aux transports, comme toi (management – simulation de traffic a l’aide d’ordinateur, planification de transport etc). Pour l’instant, je travaille pour une entreprise grecque, ayant 10 ans d’experience dans le domaine (nombreuses etudes en grece, ainsi qu’ en chipre), pourtant je voudrais rechercher les opportunites de vivre et travailler en suisse. Mon anglais est excellent, mon francais pas trop mal, mais je ne parle pas l’allemand…
J’espere que vous pouviez me recommander quelques bureaux sur notre domaine…
Merci d’avance
Panos
Bonjour,
Je viens d’obtenir mon diplôme d’ingénieur et j’ai éffectué un stage dans le domine de la mécanique. J’aimerai travailler en Suisse, je vaudrais donc savoir s’il y a des chances pour moi? si oui, que faut-il que je fasse?
Cordialment,
Christian Ndeugueu
Bonjour,
Je suis ingénieur généraliste option génie industriel de nationalité française, je suis frontalier depuis plus de six mois et j’ai des difficultés à trouver un emploi en Suisse. Je n’ai jamais eu la chance d’accrocher un entretien avec un recruteur et je vois par cet article que la Suisse est en pénurie d’ingénieur j’ai du mal à croire à cette étude. Des études c’est bien, mais il faut que ce soit vérifiée dans la réalité. Et pour répondre à M. Talerman, comment savoir ce qu’il ne va pas dans notre candidature si on n’a aucun retour.
Bonjour,
Les besoins en ingénieurs ne sont pas les mêmes pour toutes les spécialités, ce que précise bien l’étude.
Dans votre cas, il faut déjà valider que le marché est demandeur de profil comme le vôtre.
Ensuite, une fois que ce point est validé, si vous n’avez pas d’entretien, c’est que c’est dans votre dossier de candidature qu’est le problème (CV et / ou lettre de motivation). C’est du moins de ce côté qu’il faut chercher.
Bonjour,
je vais bientôt avoir mon Master 2 en MIAGE (méthode informatique appliquée à la gestion des entreprises) spécialité Nouvelles technologies et Direction de Projet ou Système d’Information Management du Risque (c’est nos deux spécialités en Master 2) en France et je suis de nationalité Sénégalaise et j’ai aussi obtenu mon DUT en Finances comptabilité. Je suis particulièrement intéressé par l’audit Informatique ou la consultance en système d’information c’est à dire travailler au sein des grands cabinet d’audit et de consultance. Je voudrais savoir si des profils comme les miens sont ont la chance pour travailler en suisse ?
D’avance Merci.