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Les entreprises suisses vont avoir besoin d’informaticiens étrangers pendant encore (très) longtemps

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Une étude récente menée par l’association ICT-Formation professionnelle Suisse nous indique que la limitation de l’immigration, votée début février 2014 mais pas encore mise en place, pourrait multiplier par 2 la pénurie d’informaticiens en Suisse.

Nous vous annoncions il y a quelques mois que d’ici 2022, les entreprises suisses auraient besoin de recruter près de 90’000 informaticiens. Entre autres résultats, l’étude montrait notamment qu’il était indispensable de se tourner vers la main d’oeuvre étrangère pour pouvoir répondre à ces besoins en informaticiens.

La récente étude montre notamment que les besoins en informaticiens ont non seulement été plus importants ces dernières années (avec une croissance du nombre d’informaticiens en Suisse depuis 2011 de 12%, soit 4 fois plus que la moyenne suisse, tous secteurs confondus), mais qu’ils vont s’accroître dans l’avenir. Une excellente nouvelle pour les informaticiens qui recherchent un emploi en Suisse.

Les profils universitaires ou supérieurs seront les plus recherchés

En effet, selon les projections, les entreprises auraient besoin d’ici à 2022 de recruter plus de 15’000 informaticiens spécialisés ayant une formation supérieure (du type Master ou école d’ingénieur). Quant aux diplômés d’une haute-école, c’est encore pire puisqu’on aurait besoin d’en recruter plus de 40 000. Malheureusement, le système éducatif suisse ne sera en mesure de produire en masse que des professionnels ayant un profil moyennement qualifié (des personnes bénéficiant de certificats professionnels qui ne sont pas des spécialistes). Raison pour laquelle il a récemment été évoqué la possibilité de mettre en place des Masters dans le cadre de l’apprentissage, pour que les informaticiens soient plus rapidement opérationnels. Mais quand on regarde l’importance du besoin, cela ne répondrait de toute façon que très partiellement à la demande.

D’un point de vue des métiers, ce sont les développeurs qui sont les plus recherchés, ainsi que les professionnels de l’informatique actif dans l’administration IT.

12% des informaticiens en Suisse sont des étrangers

La proportion d’étrangers occupant des postes en informatique est actuellement de 12%, ce qui représente un peu plus de 24 000 emplois d’informaticiens. Parmi ces étrangers, 80% sont des ressortissants de l’Union européenne et de l’AELE, et 80% bénéficient d’une formation universitaire supérieure (ou équivalente). Si on regarde la répartition par poste, 13% des postes de développeurs en Suisse sont occupés par des étrangers, et 14% des postes de management ou à responsabilité dans les métiers de l’informatique sont également occupés par des étrangers.

A fin 2016, plus de 23 000 informaticiens devraient être recrutés pour combler la pénurie

Si on se réfère à l’étude, ce ne sont pas moins de 23 000 étrangers que les entreprises suisses devront recruter pour combler leurs besoins en personnel informatique d’ici à fin 2016, dont 18 000 avec un profil universitaire supérieur. L’étude montre également qu’entre 2017 et 2022, les entreprises auront encore besoin de près de 14 000 spécialistes en informatique. L’étude indique enfin de manière très claire que si la loi sur la limitation sur l’immigration est mise en place, cela causera beaucoup de difficultés aux entreprises suisses qui ont besoin d’informaticiens.

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source : ICT-Switzerland et ictjournal.ch

Crédit photo de couverture : © xtock – Fotolia.com

David Talerman

Spécialiste de l'expatriation et de l'emploi en Suisse, je suis l'auteur du livre Travailler et Vivre en Suisse. Suivez-moi sur Instagram, LinkedIn, Facebook. Suivez notre actualité grâce à notre newsletter.

2 réflexions sur “Les entreprises suisses vont avoir besoin d’informaticiens étrangers pendant encore (très) longtemps”

  1. Votre article est intéressant, mais il ne parle pas de certaines lacunes de ce marché concurrentiel mais en manque d’effectifs… il y a en Suisse beaucoup de main d’oeuvre dans le domaine informatique, seulement pour beaucoup de ces gens souvent très créatifs et productifs, on nous demande au jour d’aujourd’hui des diplômes que, de une: personne a l’envie de se taper en Suisse, et de deux: n’importe quel diplôme venu d’Europe a plus de valeur que ceux faits en Suisse.
    Je ne parle pas pour moi, car je suis comme beaucoup un autodidacte, je suis bon dans ce que je fais, et aucun diplôme peut surpasser l’expérience… Malheureusement je constate avec regret que même si le marché cherche du personnel actif, même si moi je veux, avec tous mes atouts chercher un nouveau poste, cela devient impossible… on ne veut donner la chance qu’à ceux qui ont un diplôme… même s’ils savent rien faire,
    Pour conclure, je dirais: donnons la chance et les moyens à ceux qui sont ici et qui on des qualités… formons-les, jeunes ou adultes (si le bout de papier est aussi important), et vous verrez que la Suisse est mieux garnie que ce que vous voulez nous faire croire! Mes salutations .

    1. Bonjour Ricardo,
      Merci pour votre témoignage très intéressant qui donne des perspectives un peu différentes.
      Ce que j’ai pu observer sur les métiers de l’informatique, c’est que les entreprises suisses ont aujourd’hui beaucoup de bonnes candidatures entre les mains, et parfois des critères de recrutement très précis. Elles préfèrent, pour certaines, attendre d’avoir le bon candidat, qui a parfois un profil très spécialisé, plutôt que recruter quelqu’un qui ne rentre pas dans leurs critères. Alors ce qui est sûr, c’est qu’un candidat n’ayant pas de diplôme mais l’expérience est parfois écarté. Je peux comprendre que ce soit rageant. Dans votre cas, il pourrait être intéressant, si vous travaillez dans le canton de Genève, de vous pencher sur ce qu’on appelle la VAE. Je ne sais pas si vous connaissez ce dispositif, mais cela permet, à partir d’une expérience donnée, d’obtenir l’équivalence d’un point de vue du diplôme. Je ne sais pas comment cela s’applique pour l’informatique ni quelles sont les conditions, mais c’est une piste à explorer. Voici un lien vers l’université de Genève. Dites-moi ce qu’il en est, cela pourrait être utile pour d’autres.
      Pour ce qui est de dire que les entreprises préfèrent les diplômes étrangers, je ne crois sincèrement pas que ce soit le cas : je ne remets aucunement en cause votre témoignage, mais j’ai pour ma part plutôt le sentiment qu’une entreprise suisse préférera recruter quelqu’un qui a un diplôme fait en Suisse plutôt qu’à l’étranger. Sur le plan informatique, les formations suisses n’ont absolument rien à envier aux diplômes étrangers, au contraire !

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