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Les entreprises suisses manquent de main d’oeuvre

Environ 30% des entreprises suisses ont eu des problèmes pour recruter des employés qualifiés au 1er trimestre 2011

Contrairement à beaucoup de pays, ce n’est pas tant le chômage qui inquiète l’économie suisse mais le manque de personnel qualifié : pour faire face à la croissance et pour la soutenir, les entreprises suisses ont besoin de main d’œuvre qualifiée, et beaucoup d’entreprises n’arrivent pas à pourvoir les postes les plus qualifiés. Selon une étude Monster.ch sur les pénuries de talents, les grandes entreprises suisses seraient plus de 42% à signaler que les postes ouverts à candidature sont difficiles, voire impossibles à pourvoir.

Selon une étude UBS (UBS outlook Suisse, avril 2011) menée récemment sur le sujet auprès de 1200 entreprises suisses du secteur industriel et tertiaire, les entreprises industrielles seraient même 55% à déclarer avoir des problèmes pour recruter des spécialistes.

Et la tendance semble s’aggraver avec le temps : selon cette même étude, la moitié des entreprises déclare que ces problèmes de recrutement se sont aggravés et s’aggraveront.

Les entreprises suisses cherchent activement à recruter des travailleurs étrangers

Les chiffres diffèrent légèrement selon les sources, mais toutes les études sur le sujet s’accordent sur un point : les entreprises suisses sont de plus en plus nombreuses à vouloir recruter des étrangers, et la tendance va croissante.

Selon l’étude Monster.ch sur la pénurie de personnel qualifié, près de 50% des grandes entreprises suisses déclarent qu’elles chercheront à recruter des travailleurs étrangers dans le futur, et l’étude UBS indique même que cette tendance concerne 60% des entreprises industrielles, et près de 50% des entreprises du tertiaire.

La libre circulation a facilité le recrutement des entreprises, mais ce n’est pas suffisant

Depuis la mise en place des accords bilatéraux et la libre circulation des personnes, les démarches pour recruter des travailleurs étrangers, frontaliers ou expatriés, ont été grandement facilitées pour les entreprises suisses. Et un nombre important de travailleurs étrangers, frontaliers et résidents sont venus travailler et / ou s’installer en Suisse. Cependant, il semblerait que cela ne soit pas suffisant. C’est notamment particulièrement évident dans certains secteurs, comme la Santé où le recrutement d’infirmières en Suisse est si difficile que les établissements se tournent vers des ressortissants d’états extra communautaires, notamment le Canada.

Le personnel de santé et les ingénieurs seront très demandés… et d’autres aussi

D’ailleurs, 30% du personnel des hôpitaux suisses est recruté en Suisse, ce qui est considérable. Il est par exemple également très difficile de trouver certains profils de type ingénieurs, informaticiens ou des spécialistes en R&D.

Concernant les ingénieurs en particulier, il semble difficile pour les entreprises suisse, PME et grandes entreprises, de trouver certains profils en Suisse, comme par exemple des ingénieurs de procédés spécialisés, qui sont notamment particulièrement bien formés en Allemagne.

Le cas des grandes entreprises suisses est particulièrement révélateur : chez Novartis , l’un des géants de l’industrie pharmaceutique suisse, plus de 30% des collaborateurs sont des étrangers ressortissants de l’Union européenne. Chez UBS, les responsables expliquent qu’avec 500 postes ouverts sur toute la Suisse (en mai 2011), le recrutement à l’étranger devient de plus en plus une nécessité.

Enfin, la pénurie touche de nombreux secteurs : par exemple, on recherche de manière quasi permanente des bouchers, ainsi que des plombiers chauffagistes par exemple. Dans le bâtiment , des profils sont également très recherchés, comme par exemple des plaquistes.

David Talerman

Spécialiste de l'expatriation et de l'emploi en Suisse, je suis l'auteur du livre Travailler et Vivre en Suisse. Suivez-moi sur Instagram, LinkedIn, Facebook. Suivez notre actualité grâce à notre newsletter.

6 réflexions sur “Les entreprises suisses manquent de main d’oeuvre”

  1. je voudrais pour ma part saluer votre initiative et profiter pour vous demander si c’est possible de vous avoir par contact téléphonique, à bientôt

  2. bonjour,
    Je voudrais avoir quelques informations sur comment vous recrutez les étrangers dans votre pays , comment cela se passe , orienter mois svp , car je voudrais postuler

  3. Monsieur TALERMAN bonjour,

    Je tiens à vous remercier de votre blog et étant en recherches d’emploi en employée qualifiée « secrétaire assistante polyvalente »‘, je me permets de venir vers vous afin d’obtenir quelques
    renseignements.
    Après avoir été co-gérante en agro-alimentaire dans les années 77 à 92 avec mon ex-époux sur Divonne 01 tout près de Genève, je suis revenue dans le département de l’Oise jusqu’à nos jours.
    Inutile de vous préciser la dureté tant sur le plan physique, matériel et j’ai effectué beaucoup de remplacements (la plupart inintéressants) petits contrats. La seule positivité a été de suivre des formations qualifiantes avec diplômes.
    De ce fait, compte tenu des emplois précaires voire inexistants (horaires étant minces) je me tourne ce jour vers la Suisse que j’ai regretté lors de mon exercice dans l’Ain.
    Quelle est la tendance actuelle et quels sont les conseils que vous pourriez me prodiguer ? Je ne suis pas en retraite et je reste REINTEGRER un poste y compris dans l’aide juridique auprès d’un cabinet d’avocats.
    Je vous remercie de votre obligeance – recevez, Monsieur, l’assurance de mes salutations distinguées.
    Huguette GATEZ

    1. Bonjour Huguette,
      Le travail que vous me demandez de faire est important et nécessiterait un accompagnement plus poussé. Voici toutefois quelques pistes sur la base de ce que vous m’avez transmis comme information : quand je lis « polyvalent », je traduits immédiatement par « sais tout et rien faire ». Ce que je veux dire par là : une assistante qui possède des qualités de polyvalence est une bonne chose, mais cela ne doit pas être la pierre angulaire du profil que vous présenterez aux recruteurs. Il faut rechercher dans ce que vous avez fait tout ce qui rapproche des compétences qu’on pourrait demander à une personne travaillant dans un cabinet d’avocat (discrétion, connaissance minimum du secteur etc.). Regardez également tout le dossier que nous avons réalisé récemment sur le dossier de candidature, le CV et la lettre de motivation. Je vous souhaite tout de bon pour vos recherches.

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